Lyhanna victime d'une société sans limites

La mort de Lyhanna a bouleversé la France.
Comme toujours dans ces instants tragiques, les mêmes questions reviennent : comment un tel crime a-t-il pu se produire ? Pourquoi n'a-t-il pas été empêché ? Qui a failli ?
Ces interrogations sont légitimes ; Mais, au-delà des défaillances administratives, policières et judiciaires qu'il convient de dénoncer, c'est un mal plus profond que ce drame met en lumière.
Depuis plusieurs décennies, notre société se persuade qu'elle progresse en détruisant méthodiquement les cadres moraux qui l'ont précédée. Au nom de la libération, elle a banalisé ce qui relevait autrefois de l'intime, du sacré et de la pudeur. La sexualité, autrefois enracinée dans l'amour, la famille et la responsabilité, est devenue un produit de consommation comme un autre.
On parle d'un phénomène d' « hypersexualisation ». Le mot est trompeur parce qu'il suppose que ces désordres auraient quelque chose à voir avec la sexualité authentique.
La pornographie industrielle, massive et omniprésente, ainsi que la marchandisation permanente des
corps détruisent précisément ce qui donne son sens à la relation sexuelle, qui, faut-il le rappeler, n'a lieu qu'entre l'homme et la femme.
Partout, les femmes sont réduites à une
image, à un corps, à un objet de consommation. La publicité, les
réseaux sociaux, l'industrie du divertissement répètent
inlassablement le même message. Il y a pire, puisque cette industrie apprend à ses enfants, dès le plus jeune âge, à regarder les femmes, et plus largement l'autre, comme des marchandises. Loin de produire amour et liberté, elle produit la frustration, l'isolement, la consommation compulsive, l'obsession, les déviances les plus impensables, et parfois, chez les individus
déjà dérangés, une incapacité à reconnaître pleinement
l'humanité de l'autre.
Certes, tous les consommateurs de pornographie ne deviennent pas des violeurs de femmes ou d'enfants. Cependant, nier les conséquences culturelles d'une industrie qui expose hommes femmes et enfants à des contenus pornographiques en permanence relève de l'aveuglement volontaire.
Plus inquiétante encore est la disparition progressive des frontières qui protégeaient autrefois l'enfance. Sous le bouclier du progrès, les institutions de gauche s'emploient à brouiller les repères les plus élémentaires, parées des abominables masques des représentations de drag queen : Tout doit être déconstruit.
Le drame de Lyhanna nous oblige donc à poser une question simple : qu'est devenue la place de la femme et de l'enfant, liés par un cordon biologique, dans notre civilisation ?
Pendant des siècles, notre peuple a considéré qu'il existait des êtres qu'il fallait protéger plus que tout. Porter atteinte à une femme ou à un enfant ne concernait pas seulement une victime individuelle ; c'était attaquer la famille, la communauté, le peuple tout entier, le bien lui-même.
La réaction populaire suscitée par la mort de Lyhanna montre que ce sentiment n'a pas complètement disparu. Les milliers de Français qui ont marché dans les rues ne demandaient pas seulement davantage de sécurité ou davantage de justice. Elles exprimaient intuitivement quelque chose de plus fondamental : le sentiment que certaines limites ont été franchies, que certains principes doivent être réaffirmés.
Ce que nous devons à Lyhanna n'est pas seulement une solution judiciaire. C'est une remise en ordre morale, violente, stricte et assumée, du monde. C'est le refus de la marchandisation des corps, des enfants, de la banalisation de l'obscène et de la destruction des repères.
Une civilisation ne se mesure qu'à ce qu'elle est prête à sacrifier et à défendre.
Femmes et enfants sont l'avenir du peuple, ils
sont ceux que les hommes ont le devoir de protéger, y compris au
prix de leur propre vie, qui ne trouve de sens qu'à travers ce sacrifice.
- Les Caryatides